Archives de la catégorie ‘J’ai lu’

My Summer with a Book est une action en ligne lancée récemment par des blogueurs marocains, l’initiative vise à partager la reading list d’un maximum de bloggeurs (à travers un questionnaire préétabli) afin de susciter une envie de lire le plus souvent possible cet été, chez un maximum de personnes.  

   

Effectivement, l’action est motivante à souhait, le courant est entrainant, et la passion de la lecture exacerbée avec une pointe de curiosité nous pousse à consulter d’autres blogs, à comparer nos lectures communes, à enrichir notre reading-list par de nouveaux auteurs et livres, à réviser nos choix et, pourquoi pas, se découvrir des intérêts pour des genres qu’on ne soupçonnait pas !  

Pour finir (avant de commencer sérieusement) je dirais que « si la littérature était humaine, j’en ferais ma compagne de pitance ».  

Allons-y pour le questionnaire :  

1-Qui vous a envoyé cette invitation ? 

Houssam Eddine Oussama Boussahel (l’ami que j’ai baratiné en lui faisant croire qu’il est unique :p ) un geek par passion, un glandouilleur par excellence et mon conseiller attitré pour tout ce qui est e-machin-truc.  

2-Quels sont les livres d’enfance dont vous vous souvenez ? 

Aussi loin que je puisse remonter dans ma mémoire, il me souvient que ce que je lisais à l’époque était le plus souvent des classiques, un peu comme Aladin, Alice au pays des merveilles, la petite sirène ainsi qu’une collection d’une certaine Nathalie passionnée d’équitation.  

Sortie du collège, venaient s’ajouter l’encyclopédie de « almaârifa », قصص الأنبياء, les magazines de « العربي », ainsi que le recueil de poèmes Azzeddine Mihoubi « في البدء كان أوراس » et sa merveilleuse qasida « عشرون عاصمة », un délice incontestable !  

3-Quels sont vos auteurs préférés ? 

Guy De Maupassant, qui m’a marqué dès mon plus jeune âge par la simplicité et la profondeur de son style;  

Sulitzer, pionnier du western financier, lu par obligation quand je manquais de romans, puis dévoré avec passion quand bien même je ne manquais de rien ;  

 Ahlam Moustaghanmi, cette femme noble et blessée qui jongle avec tes battements de cœur comme elle jongle avec les mots, cette Algérienne altière qui te rend chauvin entre la première et la quatrième de couverture comme elle te rend amoureux dans l’abstrait du lit et le mirage d’une couverture ;  

 Amin Maalouf, mon autre père avec le cœur en papier et le sang en encre, le seul romancier que mon père en chair en en os continue à me recommander à chaque discussion littéraire.  

4-Quels auteurs avez-vous décidé de ne plus lire ? 

Balzac. Frustrée par les deux premiers livres que je lui lis je ne me résigne pas encore à retenter le coup, bien que « Peau de chagrin » puisse être considéré comme étant un cas particulier.  

Paulo Coelho. L’Alchimiste, offert par papa à un âge où j’étais plus une éponge à savoir qu’une centrifugeuse de connaissances, fut une petite merveille. J’ai aimé le concept de Véronika décide de mourir, je suis restée sceptique quant au Zahir, j’ai cru à une plaisanterie en lisant Le démon et Mademoiselle Prym, et Onze minutes, qui frise l’hérésie avec sa spiritualité à deux barres en voulant hisser la prostitution au rang de l’art m’a décidé à laisser tomber (et mon avis n’implique que moi).  

5-Quels sont les livres que vous apporteriez avec vous si vous étiez isolé dans un désert ? 

Le Roi Vert (Sulitzer), la triade de Ahlam, Cent Ans De Solitude (Gabriel Garcia Marquez), et le Saint Coran.  

Et maintenant que j’y pense, je prendrai bien des encyclopédies diverses, un livre traitant de l’exploitation pétrolière et du papier comestible !  

6-Quel auteur dont vous n’avez rien lu encore trouvez-vous nécessaire de lire ? 

Shakespeare, Isaac Asimov, Dostoïevski, Oscar Wilde (je raffole de ses citations).  

7-Quels sont vos livres préférés ? 

Toujours : Le Roi Vert de Sulitzer, Le Chaos Des Sens de Ahlam, Le Premier Siècle après Béatrice de Maalouf, La Comédie de François Henry Rey, Cent ans de solitude de Garcia Marquez, Doc Savage de Kenneth Robeson…  

Pour conclure, et je fais preuve d’immonde ingratitude, je citerai haut et fort Larousse !  

8-Quels livres êtes-vous en train de lire ? 

La Bible, le Coran et la Science de Maurice Bucaille ;
L’Arrache-Cœur de Boris Vian ;
Le Pouvoir De la Volonté de Paul-Clément Jagot.  

Mes prochaines lectures ^^

9-Qui invitez vous à faire ce test ? 

Tous ceux pour qui le mot est tout sauf un simple mot, que la bonne odeur des bons vieux livres ne laisse pas insensibles (particulièrement les allergiques :p ), qui fourrent leur livre de poche avant leur brosse à dents dans leur sac de voyage,  qui fantasment sur leur prochain roman tout en lisant un autre… (Ok j’arrête ^^’).  

Enfin bref, faites-vous plaisir, express yourself ! 🙂

Cinq ans après avoir lu Le Roi Vert, j’ose affirmer que jamais livre n’a pu le déclasser du sommet de ma « Read List », jamais auteur n’a su transmettre de façon si intense les émotions étrangement palpables peuplant ce chef-d’œuvre grandeur nature ; ainsi, mon premier article en cette catégorie sera de vous le faire découvrir, lui rendant hommage et une inclination bien nostalgique en chemin.

Je me refuse de faire un résumé du livre, je rendrai un compte bien maigre de sa valeur inestimable, d’autant plus qu’il comporte plus que 600 pages, mais j’évoquerai mon avis, mes impressions, ce qui m’a le plus marqué aussi intègrement et fidèlement que possible à ma mémoire.

L’histoire est celle d’un garçon. Un garçon étrange, attachant, qui se distingue par son passé douloureux, son charisme exceptionnel, sa volonté inébranlable, et par ce regard gris, serein et dominateur imposant les lois de son maître tout au long du déroulement des évènements.

Des évènements bien inclassables, puisqu’il y a de tout : on passe par tous les genres littéraires, rencontrant l’aventure au détournement d’une page, frôlant l’épouvante au bord de trois points de suspension, surprenant l’amour entre un point d’interrogation et un autre d’exclamation trois chapitres plus loin ; et comme l’auteur est un financier, les affaires et les intrigues politiques ne manquent pas. (Sulitzer a créé ainsi un nouveau genre littéraire : le western financier).

Ce garçon est en état de survie perpétuel. Sa famille a été exterminée par les nazis. Il en était le seul à y avoir échappé.

Il veut assouvir sa soif de vengeance, mais parallèlement, il veut se créer son monde à lui, où il régnera en maître absolu. Tant bien que mal, il se fraie un chemin vers la gloire, exploitant ses ressources inépuisables, repoussant ses limites et faisant preuve de jusqu’au-boutisme admirable.

Ce garçon grandit, et l’homme qu’il devient est un volcan qui continue à se consumer pour le bien de son monde et à repousser ses limites sans pour autant exploser, jusqu’au jour où l’éruption est imminent, incontournable, quand le rêve se heurte aux limites des autres, ces limites qu’il n’est pas dans nos mains de pousser ; le réveil est brutal et l’ahurissement passera presque inaperçu si ce n’est ce regard gris qui perd de sa sérénité et qui devient froid, distant, fixant la gueule béante de l’abîme prêt à l’engloutir, faisant fi de son rêve le plus fou, de sa flamme la plus flamboyante !

Je noircirai des pages et des pages en l’honneur de ce livre, de ce garçon au destin fatidique, de cet auteur dont la pensée transporte le lecteur dans des dimensions insoupçonnables, mais je crois que j’en dirai trop sans m’exprimer mieux,  je vous laisse donc juger par vous-même, si la chose vous tente… et bonne dégustation !

P.S : comme j’accorde une plus grande importance au livre qu’à son auteur, quand bien même ce dernier est à prendre en considération quant à ses principes moraux, ses valeurs, le message qu’il veut faire passer de par ses écrits, j’estime que l’appréciation d’une œuvre est une affaire strictement personnelle, c’est ce qui fait d’ailleurs la beauté de l’art : chacun a sa propre vision, et la diversité de ces visions mène à une créativité plus épanouie… Enfin bref, je me brouille et vous brouille avec moi, toujours est-il que je préfère ne pas mentionner grand-chose à propos de l’écrivain, d’autant plus que des rumeurs circulent sur compte, certaines ont été reniées, d’autres confirmées.

Quoi qu’il en soit, j’espère que ces rumeurs n’altéreront pas la neutralité de votre jugement.

Enjoy !