Archives de la catégorie ‘Ils ont dit’

Rédemption

Publié: 30/11/2010 dans Ils ont dit

Il y a quelques années de cela, un inconnu m’a dit : « Une vie de silence ne suffirait pas à exprimer la mort et le renouveau qu’elle prophétise. Tais-toi, souris, apprends à bien souffrir et ne t’attache jamais. »

Depuis lors, cette personne est devenue un maître spirituel ; et son conseil, le plus judicieux qui soit, une devise.

Et parce que ses propos m’ont sauvé tant de fois, et parce que, plus les jours passent, plus je me rends compte à quel point peuvent-ils être véridiques, je lui rends honneur en lui souhaitant bonne vie et longue route dans les labyrinthes de sa schizophrénie idéologique.

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J’écris, je suis

Publié: 02/09/2010 dans Ils ont dit

Hier, entre une crise de nerfs et une blague pourrie, ma petite sœur m’a dit :  « Ecrire me permet de me découvrir, d’explorer mes fonds, de pousser mes limites. Des fois, en relisant des choses que j’ai écrites auparavant, je ne me reconnais pas ;  ça a l’air tellement beau, tellement convaincant, que j’ai des doutes quant à leurs origines ! »

Ma petite sœur est une adolescente à fleur de peau, à fleur de mot et à fleur de folie ; et ce n’est qu’en pleine lutte avec cette dernière qu’on peut espérer un peu de sagesse.

Ecrire n’est pas un don. Savoir écrire, oui.
Ecrire est une action à laquelle tout un chacun peut s’adonner. Le qui, le comment, le quoi de ce qui en ressort est chose concrète, relativement palpable, on est en mesure de la juger, de la qualifier, de l’apprécier ; c’est une question de goût.
Le pourquoi, c’est une question pré-existentielle. Les raisons qui poussent à écrire, les facteurs qui y participent, l’état d’âme même qui prédisposaient à cette action préexistaient bien avant qu’elle ne prenne forme.

Ma sœur écrit pour se découvrir ; ce n’est pas une raison mais un résultat, se découvrir ne peut précéder écrire, ils sont synchrones et se découvrir n’a jamais été volontaire.
J’écris pour le plaisir, pour se défouler. Ce n’est pas une raison non plus mais tout autant un résultat. Je prends du plaisir en écrivant, et se faisant, je me libère de mes contraintes et doutes.
Untel écrit pour devenir célèbre, un autre parce qu’il a un handicap l’empêchant de s’exprimer autrement, X et Y tout simplement parce que l’un a des débordements de chagrin et l’autre de bonheur, et écrire est la seule coupe suffisamment profonde pour recevoir en son sein les excédents de leur émoi.

On se perd un peu entre le pourquoi des raisons et le pourquoi des buts, et c’est parce que l’un implique l’autre, les deux formant deux anneaux constitutionnels d’une même chaîne, s’imbriquant étroitement.
Le tout commence par le pourquoi des raisons, cette légère brise dans le subconscient qui tourbillonne et gonfle jusqu’à devenir tempête et qui décide, dans un moment de faiblesse, d’immunodépression affective de faire surface, d’émerger à fin d’exploser et soulager et libérer ; et puis tous ces facteurs qui déterminent notre manière d’écrire : nos connaissances, notre intelligence, notre dextérité, notre état d’âme, le niveau de lumière, les couleurs de la pièce, le petit déjeuner, le baiser de maman, le sourire de papa, le regard d’un inconnu, les bruits dehors… et puis vient l’action elle-même, elle prend corps, elle épouse la forme de nos pensées, nous nous glissons en elle, c’est notre allégorie, c’est notre refuge ; puis vient l’étape post-mots, la réalisation du pourquoi des buts (ou pas), quelque chose comme de la vanité, ou de la frustration, une impression d’acquisition, ou d’abandon ; et puis, peut être, l’impact de tout cela sur notre entourage, ou bien loin encore.
Le dernier maillon est relié au premier, et le pourquoi des buts se mêle, fait corps avec le pourquoi des raisons, de nouvelles perspectives pointent à l’horizon, et ainsi de suite continue le manège.

En fait, on ne sait pas vraiment pourquoi on écrit. Les chemins du subconscient ne sont pas impénétrables, il suffirait peut être de forcer les portes, mais ces dernières donnent parfois sur es impasses qui empêchent d’avoir un regard pénétrant, une idée exhaustive, et n’éclairent que certains recoins de notre lanterne.

Ma sœur écrit et se découvre de par ce qu’elle écrit, mais c’est peut être parce qu’écrire l’aide à se situer, à chercher ses repères entre les conventions sociales et la rébellion de son être, à faire la part des choses à cet âge délicat où chaque pas peut la marquer au fer rouge…
J’écris et j’en prends du plaisir, je laisse libre cours à mes pensées, mais c’est peut être parce que j’ai perdu goûts aux autres attractions de la vie, que celle-ci devient de plus en plus délavée, opprimante et frustrante, et qu’écrire est le seul  défouloir pacifique pouvant venir à bout de ma mauvaise humeur…
Untel écrit et en devient célèbre, mais c’est peut être parce qu’écrire comble son besoin de se faire remarquer, de crier à un monde indifférent qu’il existe et qu’il est capable de bien des choses, que le petit enfant qu’on disait bon à rien subsiste toujours et est revenu prouver son génie…
X et Y écrivent et leurs œuvres restent incomprises, intrigantes, trop de questions les entourent, mais c’est peut être parce qu’elles n’étaient destinées qu’à une personne en particulier, qui saura y lire son nom et déchiffrer le message qu’emprisonnent les lignes entre elles…

Mais écrire, avant tout, est une manière d’être, une expression du Moi, une schématisation du raisonnement, écrire me permet de croire encore en moi.

J’écris donc je suis.

« Je suis unique »

Publié: 26/08/2010 dans Ils ont dit

Hier, un ami m’a dit « …on est plusieurs chacun ». Et franchement, il n’y a que lui pour sortir des choses pareilles.
Mais, à bien y penser, il doit avoir raison.

De par nos origines, nos appartenances, nos religions, nos tendances politiques, sociales, de par nos choix même, on a des identités multiples.
Le fait est que chacune de nos identités se reconnait dans un parti défini, avec ses caractéristiques et ses marqueurs spécifiques, et ce à part entière, de façon pouvant être partiellement ou totalement opposée à une ou plusieurs autres identités.

Sur un plan social, quand une personne s’identifie dans un tel ou tel groupe, cela la pousse à adopter certains comportements lui assurant sa place au sein de ce groupe là, et si, par exemple, la religion constitue une partie intégrante de cette société, et si l’identité et l’orientation sexuelle de la personne ne peut être admise par cette religion, elle se voit bannie, sinon écartée, et perdra ainsi un de ses cruciaux repères.

Ces valeurs, ces principes, ces lois délimitant l’étendue d’une communauté, d’une secte ou même d’une pensée, sont d’un impact décisif sur l’individualité d’une personne, puisqu’ils opposent continuellement ses identités les unes aux autres et l’induisent en situation conflictuelle, souvent cause de rejet si le sujet refuse de s’intégrer, ou de négation de soi et donc d’oppression et de mal être s’il s’y plie contre son gré.

Je crois aux valeurs, aux principes, aux lois, et les respecte ; mais dépassée une certaine limite, je n’y accorde pas grande importance, car, dès qu’un individu les subit comme une corvée, comme un courant pouvant altérer la constitution même de sa personne, toute cette éthique ne s’observe plus, mais se transgresse, puisqu’elle présente un obstacle à l’évolution et l’épanouissement de la personnalité.

On prêche aux quatre coins du monde la tolérance, l’échange, l’acceptation des croyances et l’ouverture des esprits quant à la diversité, mais on voit de plus en plus des gens perturbés, instables, désorientés, comme si on se refusait à admettre toute idéologie autre que la sienne, comme si on avait peur que, en reconnaissant la différence et l’originalité des autres, on perdrait du terrain et on passerait à un bas niveau de banalité.

Tout un chacun est un être exceptionnel, et son Moi est une entité entière dont les composantes sont indissociables, et quand bien même elles présentent des différences ou des contradictions, elles n’en restent pas moins des facettes se miroitant les unes les autres et se complétant, et vouloir les forger serait risquer de les briser, car jamais être n’a été réglable par mesure, et jamais être ne le sera.

Merci, l’ami ! Tu es unique. 🙂