Archives de la catégorie ‘Gribouillis’

Polaroid retrospective emotions

Publié: 18/10/2015 dans Gribouillis

@ Conrad Roset

@ Conrad Roset

Je me penche
Sur l’indélicate chose
Phosphène amorphe et pourtant
Si précise est son idée
Omniprésente
Omnipotente
Omniblancheur du pétale défragilisé
Corolle fabuleuse
Assassine
M’enquiquine
de ce qu’il t’a faite créature si admirable
Improbable
Du haut de ton indifférence
Se conçoit la conception
D’un jardin nommé désir
De mon être jasminé
De la désorientation
Ta bouche est un
Accident-occident
Ta bouche est un
Rouge-gorge marin
Ta bouche est un
Ta bouche est Un
M’assassine
Mon être est un
Peu ou pas
Ou plus du tout
Mon être est un
Léopoldine.

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Égarement

Publié: 08/02/2011 dans Gribouillis


Je ne me trouve nulle part
Ni en avant, ni à droite, ni à gauche, ni en arrière
Ni en haut, ni en bas
Je ne les trouve nulle part
Les autres, ceux à qui je doute ne pas faire confiance
Aux quels je crois appartenir
De corps
Ou d’être
Ou d’âme prête à porter
Ou de rien
Juste vulgaire appartenance
Ceux qui ne savent aimer que moi
Qui ne peuvent que savoir cela
Bien des mots collent
Mais bien des expressions répugnent
L’ « iniquité »  mal-placée
Je m’égare
Et encore
Si je vis encore
Je m’égare
Je les ferai perdre de tout et de rien et de moi
Moi qui ne sais dire que moi
Les autres étant moi
Et moi étant néant
Question de science
De génétique
De symétrie spirituelle
Peut être sentimentale
Latéralité et handicape
Nostalgie de ce je-ne-sais-quoi
De l’égarement…

Mais maman..

Publié: 13/01/2011 dans Gribouillis

Mais maman, ce fut un jour
Où ma douleur était intense
Entre inconscience et transe
Jusqu’à l’apparition du jour

Mais maman, où était-ce donc
La jolie rose dans tes joues ?
Le joli miel dans tes yeux ?
Avant que Dieu ne les tronque

Mais, ô maman, aurais-je pu
Savoir et le mal et le bien ?
Flairer les leurs et les miens
Puisque de tous se dérape le pus !

Mais, ô maman, maman, t-ai-je aussi digne ?
T-ai-je aussi fille que les autres ?
De tes futures gloires, apôtres
Et libertine je suis, tel une vigne

Mais, mère, mère, écoute
Le friselis de ce cœur écorché
Où une graine, par l’aorte penchée
Noire, souveraine, guette aout…

Ta Rouge Sanguine

Publié: 05/11/2010 dans Gribouillis

Empoigne-moi et de moi abuse
Et force-moi si je me refuse
Fume-moi et en moi diffuse
Et quand nos êtres de force fusent
De l’ivresse l’afflux en nous perfuse
De l’un à l’autre la vie transfuse
Embrasant nos âmes confuses
De ta bouche j’ai la science infuse
De tes étreintes, une semence profuse
Jouant le Soleil au temps des rebuses
Quand tes absences me désabusent
Quand je vois, si je ne m’abuse
En toute chose, une arquebuse
Et de toutes choses, je t’accuse
Invalidant toute excuse
Pour me faire de toi recluse
Et de mon cœur, hautement percluse
Mais me sachant à jamais incluse
En toi, d’aucune ruse
Tu n’uses
Seulement ta langue sur ma peau s’amuse
A incarner des scènes obtuses
Et ta main-câline, ta main-canuse
Vient en douceur se faire intruse
Forçant les voies d’où tu écluses.
Tu me nargues, tu me méduses
Tu me fais femme, tu me fais muse
Tu me fais effet Antabuse…

Invitation

Publié: 28/10/2010 dans Gribouillis

J’invite votre Grâce
Votre Seigneurie si ingrate
Votre Personne, pourtant si noble
Vote Majesté omniprésente
Votre Royauté ténébreuse
Votre Ame, pourtant gorgée d’espérance
Prie votre Excellence
Votre Grandeur emblématique
Problématique
Votre Sourire, pourtant omnipotent
Votre Gloire
Votre Honneur
Votre Enfance allégorique
Vous qui n’avez jamais été enfant
Votre Vieillesse
Votre Démence
Vous qui n’avez jamais grandi
Votre Jeunesse gauche, maladroite
Votre Etre, pourtant si chaleureux
Votre Mélodie sanguine
Votre Peinture larmoyante
Votre Art, pourtant caressant
Conjure votre Bonté
Votre Mémoire, pourtant si inhumaine
Votre Destinée, jamais accomplie
Votre Chemin
Votre Prochain
Votre Autre-Que-Moi, pourtant sans autre autre
Supplie ta petite personne
Mesquine
Chagrine
Blanche et narcissique
Noire et dramatique
Si intensément
Artistement
Joliment, cruellement
Doucereuse et câline
Douce et sadique
Et pleure tant
Moi qui ne peux savoir
Ne sais pouvoir
Et ne sais savoir
Le Comment et le Pourquoi
De tant de paradoxes
De tant de beauté
Moi qui n’ose savoir voir la beauté des choses
Moi  qui manque de goût
De talent
Moi, la sexagénaire
Excédentaire en excès d’éther
Les yeux fous et les bras ballants
Les bras mous et les paupières collant
En des OVNI
Parce que, seule, j’y crois
Et implore encore
Plus ardemment
Mais modestement
Vous, qui ne savez sens à la modestie
Vous, si sobre pourtant
Sobre et n’en faites pas mystères
Toi, l’imprudent, le téméraire
La Belle Chose au bois dormant
Je sollicite un entretien
D’homme à homme
Sexualité cependant
Hors de question
Toi, mon Grand Amour
Mon Grand Air
Aire où je me survis
En dyspnée
Tu manques de féminité
Et moi de virilité
Il y a un X en excès quelque part
Des préfixes et des suffixes  extravagants
Extra-ultra-fixés à l’exploit
De ces soudains X qui gagnent
Moi si profondément débile
Gare à ceux qui protestent
Cruel, Monsieur, que vous êtes !
Mais que peut-on ?
Contre ce qui sonne bien
Aux oreilles de nos biens
Et de nos bien-aimés
Par monts et par vaux
Bon gré mal gré
Qu’en sais-je ?
Moi qui ne peux rien saisir
De vos rêves et désirs, Madame, Monsieur
Bénis, soyez, de Celui qui nous voit de là-haut
Je ne dois rien prétendre
Le mérite m’est interdit
Comme le Grand Air
Chut !
Honore ta parole, femelle !
Toi, si reconnaissante à l’infériorité
Qu’ont fait de toi ceux qui te criaient libre
Femelle, baise et enfante !
Motus !
Pardonnez, Monsieur
« Flétrissement des parois creuses »
A dit une blouse blanche
Pardonnez, Monsieur
Pardonnez et sachez le faire
Pardonnez et échangez
Excusez, Madame
Vous êtes bien d’une autre galaxie
Monsieur a su choisir
Viens, adorable gamin dans ses fresques de vieillard
Buvons du sang et crachons du vin
Monsieur saura oublier
TU sauras maudire
Imposer silence
Et oublier aussi, si Monsieur veut
Gamin ; Monsieur ; Madame, Bisexe que tu es
Laissez-moi te baiser ce front de lumière
Et faites de moi ton odalisque
Un peu putain à force
Et permettez-moi de t’adjurer
De décliner toute invitation
Car, Majesté ; savez-tu ?
La folie est preuve de génie !

Te deum Laudamus…

Publié: 22/10/2010 dans Gribouillis

Ces rivières de sang que nous faisons couler
Ces misères
Ces larmes
Ce que nous créâmes à travers le temps et les âmes
Ces âmes-mêmes dans leur déchirure moulées
Nos cœurs y compris
Portant la tare, le gène du péché
Dont nous sommes épris, ou de nous est-il épris
Vrai que l’amour fit naître le péché ?
Et nous, pauvres moutons galopant vers l’abattoir
Oubliant la poussière chagrine vainement repentie
Sous nos pattes, entre nos griffes, prophétisant l’Histoire
Nous griffons la terre par la mort démentie…
Et ces silences travestis dans les peaux sinistres
Et ces regards sauvages sous des paupières closes
Et les bras lassés
Et les délectations moroses
Dans nos têtes, entassées…
Nous évitons le mal or que nous sommes mal
Se créant et non créé
Et nous crions « Ave gloria, ad vitam aeternam »
Et On nous chuchote « festina lente »
Jusqu’au jour où nous faisons connaissance serrée
Avec la plus douce des pentes
Souvenirs se bousculant
Remord pré-posthume coulant
Et nos prières avec…
« Eli, Eli, lamma sabachthani »
Nous souviendrons-nous… ?
« Qui bene amat, bene castigat »
Nous attendrons-nous… ?
« Fiat lux »

Pauvres humains dénaturés
De nos yeux ouverts et translucides
Clairvoyance s’est leurrée
Reste seule concupiscence lucide
Mais, ô ! Que nous oublions…
« Memento, Homo, quia pulvis es et in pulverem reverteris… »

Te Deum Laudamus…