Archives de avril, 2017

Nedjma,

Tu as le cœur hirondelle Nedjma,
Et les ailes en lambeaux.

Je te déplume en pensée,
Et à tour de rôle,
Sur la terre de chaque rive,
Une plume s’en va.

Taq taq ya rabi jib l’haq,
Comme une pièce qu’on balance,
Un péché qu’on annonce,
Une sourate qu’on récite.

Maria jak el ghoul,
Un ghoul sur chaque rivage,
Et la pièce comme un outrage,
Dans la mer est tombée.

Ton cœur hiverne, Nedjma,
Et on murmure que tu ne sais plus prédire le printemps.

Pour chaque plume, une cigarette,
Cliché ardent des temps figés,
Et sous tes ailes cendrier,
Je me cache pour m’aimer.

Nedjma j’ai le sang chaud et brave,
De ceux qui ont tes griffes dans la chair,
En silence irriguant les espoirs téméraires,
Tes griffes comme des seins à jamais données.

Nedjma la Méditerranée est rouge,
Nedjma les mains de Maria sont rouges,
Nedjma sous ton plumage le printemps est rouge,
Et le sevrage vient mais n’arrive jamais.