DzBlogDay : De l’Algérie et de l’éducation.

Publié: 15/01/2011 dans Uncategorized

Parents/Enfants : Autorité/Liberté.

 

Depuis la nuit des temps, la relation parents-enfants est un sujet récurrent, très controversé, et bien qu’ayant tendance à se jouer de plus en plus carte sur table, certaines coutumes et traditions dont une partie considérable du peuple algérien est imprégnée se refusent d’abroger de multiples codes, conventions et limites sociales faisant entrave à cette relation.
A titre d’exemple, les situations jugées délicates (éducation sexuelle, choix de l’époux(se), grave dispute) se traitent souvent par procuration, un contact direct peut sembler un lèse-estime, un manque de respect ou semer la confusion au sein de la famille.

Toujours est-il qu’un bon nombre de parents revendique le droit de contrôler certains aspects de la vie de leur progéniture, et ce jusqu’à un âge qu’ils définiront eux-mêmes.
Face à l’autorité des parents, les réactions des enfants sont différentes : inclination bon gré mal gré, rébellion, refus latent… Et les moyens pour remédier à d’éventuelles collisions d’opinions ou de choix varient sur l’échelle de l’entêtement et de la conviction des deux partis. Le dialogue reste la meilleure des solutions, mais arrivé à des cas extrêmes, que faire ?

En m’appuyant sur des arguments avancés lors d’une émission traitant du même sujet, je suis arrivée à cerner mon propre point de vue, d’autant plus que l’Islam, la religion dominante en Algérie fut un repère et le monde arabe une référence.

L’intervention parentale dans la vie des enfants est un droit, un devoir. Néanmoins, tous deux ont des limites que beaucoup peinent à distinguer, particulièrement quand une impasse est atteinte et que chacun affirme fortement avoir raison.
Dans ce cas de figure, et toujours inspirée de la même source, les parents ont le droit absolu d’intervenir s’agissant de trois points pour le moins importants :

-Les infractions concernant la Sharîa, les violations des lois de l’ordre, et tout acte jugé illégitime ou comportant un risque de transgression des droits d’autrui.
-La sécurité et la santé. Les parents, par exemple, sont en plein droit d’empêcher leurs enfants de consommer des aliments ou substances susceptibles de nuire à leur santé, ou de commettre des actes pouvant mettre en péril leur sécurité (conduire la nuit, se rendre à des endroits mal-fréquentés… ).
-Les affaires de mœurs. Sous ce même embranchement, la fréquentation des enfants reste le sujet le plus débattu. Les amis, c’est un choix personnel. On prétend connaître nos amis mieux que nos parents en vertu de notre contact continu avec eux, mais l’influence qu’ils exercent sur nous, qu’elle soit positive ou négative, se voit de l’extérieur et seuls les parents peuvent sérieusement estimer si telle ou telle personne peut présenter un danger potentiel sur notre bonne conduite, et donc interdire de façon formelle ou non un quelconque contact avec elle.

Ces trois points énumérés, il reste néanmoins des facteurs qui entrent en jeu : l’âge, le sexe, l’éducation inculquée par les parents eux-mêmes et qui va régir le comportement de l’enfant tout au long de sa vie, ainsi que celle acquise dans le milieu extérieur : les établissements scolaires, la rue, le lieu de travail… car, arrivé même à un certain âge où il nous est donné de travailler et de détenir son indépendance financière, l’aide parentale, matérielle ou immatérielle, est toujours sollicitée.

Dans le même contexte, je tenais à aborder -brièvement- une autre façade de la relation parents-enfants, aussi cruciale que les précédentes : le choix de l’orientation.
Comme ce choix est fatidique, il n’est guère discutable. Il revient aux enfants, et aux enfants seuls de décider de leur métier du futur, qui, en outre, sera plus qu’un métier : un mode de vie.

Selon les statistiques d’une enquête menée au sein de ma faculté, et dont une question sur le pourquoi du choix de cette filière précisément (médecine, pharmacie, chirurgie dentaire) les réponses prédominantes accusaient un manque de choix, suivies directement par la pression parentale : des résultats qui reflètent le déficit d’instruction et d’informatisation au sein de la population estudiantine, ainsi qu’une autorité « déplacée » des parents ne trouvant pas une opposition assez lourde pour faire le poids.
Une assistance extérieure qualifiée est donc nécessaire, et appelée à être formée le plus tôt possible, mais en attendant, il faut compter sur soi-même et faire en sorte que ce choix soit profondément étudié et pleinement accepté, ainsi, la satisfaction et donc l’innovation et le progrès seront au rendez-vous.

Voilà. Ce fut mon humble contribution dans le cadre du DzBlogDay, une initiative pour le moins merveilleuse qui, espérons-le, deviendra une bonne habitude, un mouvement régulier de révolte et de changement vers un avenir meilleur. Car, force est de convenir : la e-révolte est une révolution !

Bonne fête de DzBlogDay à vous !

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commentaires
  1. […] This post was mentioned on Twitter by Martani fakhrou and Taha G. Taha G said: RT @B_Insaf: #DzBlogDay : De l’Algérie et de l’éducation.: http://t.co/i1RbdWf […]

  2. Zaki dit :

    Très jolie contribution, j’aime beaucoup

  3. ubugnu dit :

    Très bonne analyse, merci pour la contribution, je voudrais rajouter un petit truc:
    Jusqu’à un âge très avancé de mon adolescence (17-18) je recevais encore des ordres de mes parents, des ordres que je trouvais injuste, qui me privaient de ma liberté, quand j’avais 12-14 ans je me sentais parfois vraiment opprimé, pas le droit de sortir avec des voisins, …etc
    Aujourd’hui j’ai 26 ans, préparant un doctorat, ayant deux boulots dans l’enseignement et surtout, me sentant bien dans ma peau (elhamdoulillah), et quand je vois ce que sont devenus mes anciens voisins, ceux là même dont j’enviais la liberté, je me dis que mes parents ont bien fait et qu’il n’auraient pas pu mieux faire, je dis cela parce que je peux relier l’échec dans lequel se trouve ces mêmes voisins directement à leurs comportements étant plus jeunes.
    Conclusion, les parents peuvent se montrer parfois durs avec nous, même excessifs mais c’est pour la bonne cause

  4. Ninawel dit :

    En tout cas, je sais que sur le plan orientation, on sera toujours d’accord mes parents et moi: « T’as qu’à faire ce que tu veux, fou moi la paix bark » xDD

    Je n’ai rien à débattre dans ton article que je trouve informatif. Il ne fait que renforcer mon point de vue sur les relations parents/enfants. Bravo Insaf et merci beaucoup pour cette contribution :))

  5. Très bon article, je me sens vraiment concerné surtout sur le point du choix de l’orientation, où j’ai du vraiment être patient pour convaincre mes parents et ne pas céder à la pression de toute ma famille 🙂 Et enfin de compte, quelques années après, on s’accord à dire que j’ai eu raison

  6. Filoselle dit :

    Merci à tous pour vos commentaires, ça me fait chaud au coeur !

    ubugnu : je suis tout à fait d’accord avec toi, même à 20 ans je peux confirmer, et fortement, ce que tu viens de dire. Je me rends compte, et ce un peu plus à chaque expérience, que mes parents ont une perception plus profonde des périples de la vie et que leurs conseils, ordres, ou recommandations ne sont là que pour m’épargner de gros ennuis derrière les quels, j’avoue, je courrais convaincue et entêtée que je suis 🙂

    Nawel, Riad : je vous remercie ! Moi même ayant cédé à la pression de mes parents quant au choix de la filière, je suis en mesure d’appeler toute personne subissant la même situation de faire face avec volonté et bonne résistance.
    S’opposer aux parents en ce qui concerne cette décision ultime n’est nullement un signe de désobéissance mais celui d’une conscience et d’une connaissance exhaustive de son choix.
    Je remercierai certainement ma mère de m’avoir forcé à emprunter le chemin de la pharmacie, ce qui m’assurera un bon statut social (sans façon :p ) et je la remercie aussi de bien vouloir m’accorder sa bénédiction pour réaliser mon rêve : faire des études de droit 😀

    Vos contributions et vos critiques sont les les bienvenus 🙂

  7. Majda dit :

    On peut dire que tu as traité le sujet de la manière la plus personnelle qui soit, chapeau !

    On a fait un sondage dans votre université sur les raisons du choix de la filière, c’est intéressant ! Je crois que les spécialités médicales sont celles où on rencontre le plus ce « problème » (Allez voir à Babez si un des parents a poussé son enfant là bas xD ) Ils sont ô combien nombreux à avoir choisis cela pour faire plaisir à leurs parents, ce qui serait bien c’est de savoir s’ils regrettent ou finissent par s’y plaire 😉

    En tous cas, tu portes un regard fascinant sur le sujet, merci Insaf !

  8. Filoselle dit :

    Merci à toi Majda, et à ta présence très plaisante sur mon blog 🙂

    Justement, le discernement des parents est loin de s’arrêter au niveau de leur nez, et quand bien même ça nous est pénible de les obéir, on se rend compte souvent qu’ils ont eu raison.
    Personnellement, je ne sais si je regretterais ou pas ce choix (forcé), cinq ans passés à subir des choses atroces xD c’est pas rien; mais je sais que sur un plan financier, ça m’aidera beaucoup. Il me reste à rassembler toute ma volonté et énergie pour entamer les études auxquelles j’aspirais.

    Mais d’autres statistiques ne feront de mal à personne; j’y penserais 😉

  9. djudjur dit :

    ah l’orientation, les fréquentation et éducation .ta bien mis en relation ces trois sujet, en tout cas j’adore ton article, l’un des meilleurs que j’ai lus sur DZblogday ! :]

    FAV

  10. Oumelkheir dit :

    L’ancienne étudiante que j’ai été, dira que j’ai finalement réussi à convaincre mon père à l’époque, à faire archéologie, ce qui est une formation sans beaucoup de débouchés en Algérie, mais c’était ce que je voulais et je ne regrette absolument rien aujourd’hui. On avait discuté, longuement et franchement, ça n’a pas été facile, mais j’ai réussi.
    Aujourd’hui en Maman que je suis, je te dis Bravo pour ton post rassurant pour les parents :-), mais tu as oublié (à mon humble avis) l’essentiel. L’enfance. En réalité tu évoques une période (vous etes tous à la fac à ce que je lis en commentaires) où les jeux sont faits. La notion de dialogue, de respect de l’intelligence de l’enfant, se joue dès les premières années, sinon mois, de l’enfant. Si on n’a pas appris à l’enfant à respecter ses idées, à avoir malgré l’encadrement un espace de liberté, un espace à lui, une intimité (malgré une surveillance discrète et non avouée, jamais!!!!!) il n y aura pas de dialogue à l’âge adulte. Il ne doit pas y avoir d’ordres sans explications, sans motifs objectifs, personnellement, c’est ce que je fais avec mes enfants qui sont encore au CEM, c’est dire qu’ils sont encore gérables 😉 en espérant qu’à la fac ou même sans la fac, à l’âge « adulte » ils en seront encore à me demander à moi ou à leur père, conseil et prendre notre avis en considération. Qu’il n y ait pas de « fuite » dès l’âge adulte. Les parents doivent réflechir à ça. Pour les études, je ne suis pas exigeante et un métier quel qu’il soit, honnete bien sur, qu’ils aiment, est pour moi la priorité. Les parents devraient craindre l’amertume des enfants qui ont fait un métier juste pour faire plaisir à Papa ou à Maman…. Combien sont-ils ces malheureux?

  11. Hichem dit :

    Telle un monde qui est entrain de naître , dans un autre qui entrain de mourir , la relation Enfant/Parent est une fenêtre qui donne sur un inconnu que chacun veut gérer selon ses concepts , idées de son temps.
    C’est vrai que parfois il y a atteinte à certaines libertés , mais les enfants aussi ont appris l’abus de vivre des libertés qui heurtent celles des autres , leurs parents et entourage. D’ailleurs c’est traditionnel, un enfant doit être ainsi.

    On se cherche , même nos parents se sont perdus , et pour compenser un mal atroce , il s’accroche à un pouvoir livré de la part de Dieu leur assurant le Control. L’enfant, quant à lui c’est le fou qui n’entend rien , pas au point d’être sourd comme un pot , mais il entend , se tourne , et quand il voit que ça ne l’amuse pas , il vit son monde, sa joie. Il sent que la vie ne fait aucun cadeau, mais il n’en ai pas conscient.
    Une société pleine d’interdit produit beaucoup de frustration. la frustration est l’objet élémentaire d’un adolescent , il est en plein énergie , il vie son temps , et l’interdit l’énerve.
    L’interdit épouse la morphologie du papa & de la maman , de l’Imam , du Prêtre , du Policier aussi , & tous ceux là , sont vu d’un regard étrange & menaçant. L’enfant déteste ces gens d’ordre et leur commentaires et locutions et véhicule ce sentiment en grandissant , allant , avançant , il cultive le sentiment de les haïr, aujourd’hui plus qu’hier , et beaucoup moins que demain.

    Tout est dans « communiquer ». Une tranquillité jaillit en décortiquant les sujets. Et puis nous sommes tous des éternels enfants, eu égard que l’on passe notre vie à compenser notre enfance, ce qui peut signifier la présence d’une certaine jalousie caché derrière le masque de l’age et de la fonction.

  12. […] between severity and kindness, between freedom/authority? This is the same question into which Insaf goes more thoroughly while talking of the parents/children relationship. She defines three life […]

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