Invitation

Publié: 28/10/2010 dans Gribouillis

J’invite votre Grâce
Votre Seigneurie si ingrate
Votre Personne, pourtant si noble
Vote Majesté omniprésente
Votre Royauté ténébreuse
Votre Ame, pourtant gorgée d’espérance
Prie votre Excellence
Votre Grandeur emblématique
Problématique
Votre Sourire, pourtant omnipotent
Votre Gloire
Votre Honneur
Votre Enfance allégorique
Vous qui n’avez jamais été enfant
Votre Vieillesse
Votre Démence
Vous qui n’avez jamais grandi
Votre Jeunesse gauche, maladroite
Votre Etre, pourtant si chaleureux
Votre Mélodie sanguine
Votre Peinture larmoyante
Votre Art, pourtant caressant
Conjure votre Bonté
Votre Mémoire, pourtant si inhumaine
Votre Destinée, jamais accomplie
Votre Chemin
Votre Prochain
Votre Autre-Que-Moi, pourtant sans autre autre
Supplie ta petite personne
Mesquine
Chagrine
Blanche et narcissique
Noire et dramatique
Si intensément
Artistement
Joliment, cruellement
Doucereuse et câline
Douce et sadique
Et pleure tant
Moi qui ne peux savoir
Ne sais pouvoir
Et ne sais savoir
Le Comment et le Pourquoi
De tant de paradoxes
De tant de beauté
Moi qui n’ose savoir voir la beauté des choses
Moi  qui manque de goût
De talent
Moi, la sexagénaire
Excédentaire en excès d’éther
Les yeux fous et les bras ballants
Les bras mous et les paupières collant
En des OVNI
Parce que, seule, j’y crois
Et implore encore
Plus ardemment
Mais modestement
Vous, qui ne savez sens à la modestie
Vous, si sobre pourtant
Sobre et n’en faites pas mystères
Toi, l’imprudent, le téméraire
La Belle Chose au bois dormant
Je sollicite un entretien
D’homme à homme
Sexualité cependant
Hors de question
Toi, mon Grand Amour
Mon Grand Air
Aire où je me survis
En dyspnée
Tu manques de féminité
Et moi de virilité
Il y a un X en excès quelque part
Des préfixes et des suffixes  extravagants
Extra-ultra-fixés à l’exploit
De ces soudains X qui gagnent
Moi si profondément débile
Gare à ceux qui protestent
Cruel, Monsieur, que vous êtes !
Mais que peut-on ?
Contre ce qui sonne bien
Aux oreilles de nos biens
Et de nos bien-aimés
Par monts et par vaux
Bon gré mal gré
Qu’en sais-je ?
Moi qui ne peux rien saisir
De vos rêves et désirs, Madame, Monsieur
Bénis, soyez, de Celui qui nous voit de là-haut
Je ne dois rien prétendre
Le mérite m’est interdit
Comme le Grand Air
Chut !
Honore ta parole, femelle !
Toi, si reconnaissante à l’infériorité
Qu’ont fait de toi ceux qui te criaient libre
Femelle, baise et enfante !
Motus !
Pardonnez, Monsieur
« Flétrissement des parois creuses »
A dit une blouse blanche
Pardonnez, Monsieur
Pardonnez et sachez le faire
Pardonnez et échangez
Excusez, Madame
Vous êtes bien d’une autre galaxie
Monsieur a su choisir
Viens, adorable gamin dans ses fresques de vieillard
Buvons du sang et crachons du vin
Monsieur saura oublier
TU sauras maudire
Imposer silence
Et oublier aussi, si Monsieur veut
Gamin ; Monsieur ; Madame, Bisexe que tu es
Laissez-moi te baiser ce front de lumière
Et faites de moi ton odalisque
Un peu putain à force
Et permettez-moi de t’adjurer
De décliner toute invitation
Car, Majesté ; savez-tu ?
La folie est preuve de génie !

Publicités
commentaires
  1. Unknown. dit :

    J’ai adoré lire, vraiment..

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s